Gisèle SIGUIER SAUNE | Tradition de l’Inde

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En 1974, après mon baccalauréat j’entreprends des études de philosophie. Dans un contexte marqué par des courants de pensée très en vogue, je m’inscris à un cours sur les philosophes indiennes et la Bhagavad-Gîtâ. Déplacement salutaire qui m’engage dans l’étude de cette œuvre. Ce travail me conduit à pratiquer le yoga, puis à suivre une formation à l’École Française de Yoga d’où je sors pour enseigner, non le yoga, mais la Bhagavad-Gîtâ. Je continue d’étudier la pensée indienne à l’École Pratique des Hautes Études (Paris Sorbonne) et poursuis l’étude du sanscrit (INALCO). Désireuse d’articuler le monde indien et celui de la Bible, j’entreprends un travail de recherche en anthropologie religieuse (Paris IV) et des études d’exégèse biblique (Centre Sèvres, Paris).
Aujourd’hui, j’enseigne les textes indiens (Upanishad, Bhagavad-Gîtâ, Yoga-sûtra) dans nombre d’écoles de formation à l’enseignement du yoga ainsi qu’à l’Institut Catholique de Paris et, épisodiquement, au collège des Bernardins. Je continue le dialogue entre l’Inde et la Bible via des ateliers que j’anime. La pratique du yoga et de la méditation demeure pour moi un ancrage essentiel dans le corps, le souffle et le silence sans lequel toute parole devient inaudible, au cœur comme à l’esprit. Transmettre des textes considérés comme révélés par leur tradition d’origine, est une ascèse exigeante qui engage toute sa personne.

Ce que cette rencontre du monde indien m’a donné de découvrir, de manière effective, c’est l’importance majeure de l’intériorité spirituelle dans le processus, jamais inachevé, de divinisation de notre humanité se dépouillant d’un solipsisme aveugle et malheureux dans la joie d’une rencontre : celle de l’Hôte intérieur qui ne demande qu’à être reçu en son don.
Là est le sens profond de mon engagement à l’Institut d’anthropologie spirituelle.
Transmettre une pensée, une spiritualité venues d’ailleurs, c’est inviter à se mettre à son écoute en acceptant d’être dérouté, dérangé, questionné par cet autre. En cette écoute, en ce déplacement à l’intérieur de soi, il nous est donné de reconnaître l’essentielle Unité qui plonge ses racines au profond du cœur ; d’entendre que le Transcendant ne peut être hors de son immanence et l’éternité hors du temps présent. Si une telle reconnaissance se révèle source de bienfaits et de bénédictions, elle ne peut être cependant sans l’exigeant et patient travail de lecture et d’approche méthodique de ce que nous donnent à entendre les textes de l’Inde. Médiateur de la rencontre avec soi et Autre que soi, le texte doit être entendu pour ce qu’il est, dans le respect précisément de son étrangeté, de son altérité. Les cours donnés durant ces trois années de l’Institut visent à donner les bases nécessaires à une juste compréhension de la pensée indienne et de l’anthropologie qui la sous tend, pour nous acheminer vers une écoute de plus en plus intériorisée, au souffle de l’Esprit dont on « ne sait d’où il vient ni où il va ».

Bibliographie

  • Jean-Claude Carrière, Le Mahâbhârata, Pocket n° 3938, 2001.
  • Gandhi, Autobiographie ou mes expériences de vérité, Paris, Quadrige/PUF, 1986 (1950).
  • George Gispert-Sauch, Gems from India, ISPCK/VIEWS, Delhi, 2006.
  • Raimon Panikkar, Initiation aux Vedas, traduit de l’italien par J. Rastoin, Arles, Actes Sud, 2003.
  • Rabindranâth Tagore, Sâdhana, traduction de Jean Herbert, Paris, Albin Michel, 1971 (1941).
  • Toukâram, Psaumes du Pèlerin, traduction de Guy Deleury, Paris, Gallimard/Unesco, 1989.
  • Jacques Scheuer, Une traversée des Upanishad, Paris, Les deux Océans, 2019.
  • La Bhagavad-Gîtâ. Ou le grand Chant de l’Unité, commentée par Gisèle Siguier-Sauné, traduction É. Sénart et G. Siguier-Sauné, Paris, Albin Michel, 2020.
  • Îsha, Katha, Kena Upanishad, texte sanskrit et traduction de Louis Renou, Paris, Adrien Maisonneuve, 2006 (1943).