Publié le 21 décembre 2025
C’est vrai que dans l’espace public, la crèche fait brèche !
Irruption du sacré dans un monde extérieur pourtant reflet d’une réalité intérieure.
Mais comment la vision d’une étable, d’un bœuf et d’un âne pourrait nous effrayer ?
C’est de nous-même dont il s’agit ; Ils sont les animaux de notre intériorité !
C’est vrai que sur la place publique, la crèche fait brèche !
Là où se répandent les bruits, les cris, les rumeurs, elle nous invite à entrer dans le silence, au creux de la roche,
pour y trouver dans ses anfractuosités, un instant de paix et de tranquillité. Aurions-nous peur en ce calme intérieur, d’entendre monter en nous un chant mélodieux et d’entonner en chœur, avec ceux qui nous accompagnent, celui des anges dans nos campagnes ?
C’est vrai que dans le respect de la Res Publica, la crèche fait brèche !
Elle met en évidence et nous rappelle qu’il y a en chacun de nous une Présence spirituelle qui cueille, accueille, recueille nos misères et nos deuils. Mais ce Principe infini, cette Présence personnelle, tel un enfant à la naissance, a besoin de reconnaissance et de légitimité. Reconnaissance mutuelle et respect par la communauté de cet espace privé certes mais commun à toute l’humanité.
C’est vrai que la crèche fait brèche !
Et même si elle ne fait pas l’unanimité, elle fait l’Unité.
Nous vivons sous le même ciel étoilé. Et tous sur cette terre.
Alors pourquoi tenir à l’écart de nos parvis, les santons, les senteurs, les sans-terre ?
Pourquoi priver des sans-abris, des sans-logis, les démunis, tous ceux qui sont sur la paille, pourquoi les priver d’une mangeoire pour les laisser sur le trottoir ?
Pourquoi empêcher tous ces bergers, dans l’obscurité de nos nuits, dans l’obscurité de nos vies, d’entrevoir dans la nuit noire, une lueur d’espoir ?
Il nous faudrait sortir de nos replis identitaires pour contempler en pleine lumière notre identité première ; celle qui nous relie, celle qui donne la Vie sans jamais en épuiser le mystère.
« Elle mit au monde son fils premier-né ; elle l’emmaillota et le coucha dans une mangeoire, car il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune » (Luc 2 ;7)
La crèche fait brèche
« Ne craignez pas » ! (Matthieu 28 ;10)
Joyeux Noël et bonne nouvelle année !
Fabienne BUCCELLI
Présidente Arigah